statement · démarche

My art practice is articulated around the displacement of labour, the becoming of my subjectivity, and possible collective futures. My projects consist in performing and installing work and failure, unions and breaks in malleable time, body, mind, and space. They are built on a research and intervention-based approach and combine performance, installation, photography, video, sound, writing, cultural programming, and technological diversion. I aim to expose, move, multiply or terminate several forms of transformation, work, and labour such as administrative, reproductive, intellectual, emotional, physical, chemical or militant. My artworks cultivate encounter, interference, and introspection. Through them, I persistently question individuals, institutions, and myself through affection, force, the absurd, and the quotidian. I frequently employ strategies of mimicking or rearranging institutional and infrastructural features to immerse the viewers and make them work as contributors to the art piece.

My work is informed by crip, mad, and bodymind principles and African and diasporic presents and futures. In my exploration of super-archiving, each project starts with encounters or interventions that become a source of materials: mental and physical movements, medical information and treatment, biological and mineral elements, video and sound recordings, physiological data, creative texts, and memories of relationships. I use these materials to create installations that don’t fix the moment of the encounter or intervention in a regular processed documentation, but instead explore super-performativity as an opportunity to feel someone and something that is not there anymore. Over the last few years, my research-creation practice focused on the relationships between memory, infrastructure, extraction, territory, data, and un/accounting through interactive installation, still and moving images, sound immersion, electronics and programming, geospatial research, and archival inquiry.

My family comes from regions impacted by mineral-related wars, armed conflicts, and mass human and ecological destruction in the Democratic Republic of the Congo. Born and raised in the Mons-Borinage region in Belgium, I grew up in my parents’ home, which is two miners’ houses merged into one home, with the coal slag heaps marking the limits of our rear garden.  Working from a Congolese diasporic perspective and an upbringing in Belgium, I investigate how histories of resource extraction and technological innovation continue to shape contemporary landscapes, social relations, conditions of existence, and imaginaries. I am particularly interested in the material, political, and psychological infrastructures that connect distant places while often obscuring the conditions through which those connections are maintained.

Ma pratique artistique s’articule autour du déplacement du travail, de devenir de ma subjectivité et des futurs collectifs possibles. Mes projets consistent à performer et installer le travail et l’échec, les unions et les ruptures dans un temps, un corps, un esprit et un espace malléables. Ils reposent sur une approche de recherche et d’intervention et combinent performance, installation, photographie, vidéo, son, écriture, programmation culturelle et détournement technologique. Je vise à exposer, déplacer, multiplier ou mettre fin à diverses formes de transformation, de travail et d’effort, qu’ils soient administratifs, reproductifs, intellectuels, émotionnels, physiques, chimiques ou militants. Mes œuvres cultivent la rencontre, l’interférence et l’introspection. À travers elles, je questionne sans cesse les individus, les institutions et moi-même par l’affection, la force, l’absurde et le quotidien. J’utilise fréquemment des stratégies de mimétisme ou de réorganisation des caractéristiques institutionnelles et infrastructurelles pour immerger les spectateurs et les faire participer à l’œuvre.

Mon travail est influencé par les principes du handi, de la rage et du corps-esprit, ainsi que par les présent et les futurs africains et diasporiques. Dans ma recherche sur la super-archivage, chaque projet débute par des rencontres ou des interventions qui deviennent une source de matériaux : mouvements mentaux et physiques, informations et traitements médicaux, éléments biologiques et minéraux, enregistrements vidéo et sonores, données physiologiques, textes créatifs et souvenirs de relations. J’utilise ces matériaux pour créer des installations qui ne figent pas l’instant de la rencontre ou de l’intervention dans une documentation conventionnelle, mais explorent plutôt la super-performativité comme une opportunité de ressentir une personne ou une chose qui n’est plus là.Ces dernières années, ma pratique de recherche-création s’est concentrée sur les relations entre mémoire, infrastructure, extraction, territoire, données et (dé)comptabilisation à travers des installations interactives, des images fixes et en mouvement, des immersions sonores, l’électronique et la programmation, la recherche géospatiale et le travail archivistique.

Ma famille est originaire de régions touchées par des guerres liées aux ressources minières, des conflits armés et des destructions humaines et écologiques massives en République démocratique du Congo. Née et élevée dans la région de Mons-Borinage en Belgique, j’ai grandi dans la maison de mes parents, une ancienne habitation de deux mineurs réunie en une seule, les terrils de charbon délimitant notre jardin. À partir d’une perspective diasporique congolaise et d’une expérience belge, j’étudie comment l’histoire de l’extraction des ressources et de l’innovation technologique continue de façonner les paysages contemporains, les relations sociales, les conditions d’existence et les imaginaires. Je m’intéresse particulièrement aux infrastructures matérielles, politiques et psychologiques qui relient des lieux éloignés, tout en occultant souvent les conditions qui permettent le maintien de ces liens.